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Les voies de l'accès ouvert

Comment ouvrir l'accès aux publications ?

La voie verte est la voie du dépôt du manuscrit/du postprint par l'auteur lui-même dans une archive ouverte (arXiv ou HAL par exemple). On appelle aussi cela “auto-archivage”.

Qu’est ce qu’un postprint ? Le postprint est la version acceptée du manuscrit (ou AMM : author accepted manuscript en anglais) : celle qui contient normalement les modifications et révisions suite au processus d’évaluation par les pairs/par un comité de lecture.

En pratique :

  1. L’article est publié dans une revue sur abonnement,
  2. Le postprint est déposé dans une archive ouverte comme HAL ou arXiv,
  3. s’il y a une durée d’embargo demandée par l’éditeur, la Loi pour une République Numérique (2016) ramène cet embargo à 6 mois (Sciences, Techniques, Médecine) ou 1 an (Sciences humaines et sociales, Lettres) après sa publication et ce même si le contrat de publication prévoit un embargo plus long. 

    De ce fait, l’accès ouvert par la voie verte n’est généralement pas immédiat. Mais un éditeur peut aussi autoriser une diffusion sans délai !

N.B. : l’article 30 de la Loi pour une République numérique concerne “un écrit scientifique issu d'une activité de recherche financée au moins pour moitié par des dotations de l'Etat, des collectivités territoriales ou des établissements publics, par des subventions d'agences de financement nationales ou par des fonds de l'Union européenne” et “publié dans un périodique paraissant au moins une fois par an” —> Les livres, mélanges, actes de colloques (non publiés dans un numéro de revue) sont donc exclus.

La voie dorée concerne les revues nativement en accès ouvert. Dans le modèle auteur-payeur l’auteur ou en général plutôt l’établissement paye des frais de publication : les APC (Article processing charges). La publication est en accès ouvert pour les lecteurs qui pourront la lire sans être abonnés.

En pratique : l’article est publié nativement en accès ouvert, directement sur le site de l’éditeur.

L’auteur peut aussi déposer de façon complémentaire la version finale éditeur de son article dans une archive ouverte, en général avec une licence.

Pour en savoir plus, consultez :

  • la page sur les APC [lien]
  • la page sur les accords de lecture et de publication en accès ouvert
  • la page sur le dépôt dans HAL

Mises en garde :

  • Attention à la double facturation (“double-dipping”) ! -> La voie dorée concerne aussi des revues dites hybrides.

Un grand nombre de revues publient à la fois des articles en accès ouvert doré et des articles fermés, consultables uniquement par les abonnés : ce sont les revues appelées hybrides. Les institutions payent alors deux fois : un abonnement pour lire et des frais pour que leurs auteurs publient.

Le CNRS et les grandes agences de financement (ANR, Horizon Europe) recommandent d’éviter le paiement de ces frais dans ce type de revues.

Une alternative existe : ces revues hybrides peuvent être dans un accord négocié de lecture et de publication en accès ouvert.
 Pour en savoir plus, consultez la page sur ces accords.

  • Attention aux dérives de certains éditeurs et aux pratiques douteuses ! Pour en savoir plus, consultez la page sur les revues prédatrices [lien].

Cette troisième voie permet de publier en accès ouvert sans frais dans des revues ou sur plateformes de publication, financées par exemple par une université ou une organisation à but non lucratif. Les auteurs ne payent pas pour publier et les lecteurs ne payent pas pour consulter.

Pour en savoir plus : "Accès diamant" dans la Petite encyclopédie de la science ouverte.

Au niveau européen la plateforme Open Research Europe promeut le modèle d’édition diamant. Les bénéficiaires de projets européens et plus largement les chercheurs de la Communauté européenne pourront bénéficier d’un service de publication sans coût supplémentaire.

Pourquoi ouvrir l'accès aux publications ?

À la publication, l’auteur cède une partie de sa propriété intellectuelle à l’éditeur. La propriété intellectuelle se compose de deux éléments :

  • le droit moral, incessible : le droit d’être cité, le droit au respect de l’intégrité de son œuvre, le droit de divulgation (choisir quand on publie), et le droit de retrait (à condition d’indemniser celui auquel le droit patrimonial a été cédé).
  • le droit patrimonial, cessible : c’est le droit d’exploitation commerciale,

C’est ce droit patrimonial qui est cédé à l’éditeur lors de la publication, pour qu’il puisse vendre un abonnement. L’éditeur cède en retour un droit d’exploitation secondaire à l’auteur pour qu’il puisse déposer le postprint sur une archive ouverte, en principe sous licence ouverte, après un embargo qui peut être assez long.

Pour en savoir plus sur l’embargo -> voir partie 1.1.
 

  • Ce que la loi autorise, votre établissement peut l’exiger (plan Science ouverte, COP...).
  • Certains financeurs exigent également l’ouverture sans embargo des publications issues des projets qu’ils financent (ANR, Europe…). 

Pour en savoir plus : consultez la page sur les exigences des financeurs [Lien].

  • Les publications en accès ouvert sont plus visibles (Huang et al., 2024)
  • La privatisation de l’édition scientifique représente un coût exorbitant pour les établissements : ce coût est la source d’inégalités d’accès (scientifiques et étudiants des pays en développement, bureaux d’étude, enseignants du secondaire, journalistes, citoyens... accèdent difficilement à l’information scientifique).

—> Quelle que soit la voie choisie, l’important est que votre publication soit en accès ouvert !

Selon votre situation le dépôt dans HAL reste une solution complémentaire utile, intéressante et importante.