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Éléments de définition et indices pour les repérer

  • Le terme “predatory publisher” a été popularisé à partir de 2010 par le bibliothécaire américain Jeffrey Beall (Université du Colorado-Denver) qui a commencé à recenser les éditeurs qu'il considérait comme exploitant le libre accès à des fins principalement lucratives, sans respecter les standards scientifiques.
    Voici la traduction d’une définition simple et claire parue dans la revue Nature en 2019 :
    « Les revues et les éditeurs prédateurs sont des entités qui privilégient l’intérêt personnel au détriment du savoir et se caractérisent par des informations fausses ou trompeuses, un écart par rapport aux bonnes pratiques éditoriales et de publication, un manque de transparence et/ou le recours à des pratiques de sollicitation agressives et sans discernement ».
    Source : Hervé Maisonneuve, blog Revues & intégrité, billet du 16/12/2019, traduction de la définition donnée dans l'article Grudniewicz,Agnes , David Moher , Kelly D. Cobey , Gregory L. Bryson , Samantha Cukier , KristiannAllen, Clare Ardern , et al. « Predatory Journals : No Definition , No Defence ». Nature 576, n o 7786 (12 décembre 2019): 210 12. https://www.nature.com/articles/d41586-019-03759-y.

    Quelques chiffres...

  • 1 million de chercheuses et chercheurs seraient impactés 
    ( source : https://www.interacademies.org/publication/predatory-practices-report-English)
  • La progression a été rapide et s’est faite en quelques années seulement :
    Il y aurait plus de 15 500 revues prédatrices actuellement (source : https://cabells.com/solutions/predatory-reports) !

    Alors pourquoi certains auteurs ont-ils publié dans ces revues ?
    Les auteurs n’étaient pas au courant ou devaient publier rapidement. C’était facile, rapide, pas très cher. Les auteurs ont été encouragés par d’autres chercheurs...

    Quels indices pour repérer ces revues ?

    Voici quelques indices qui peuvent vous alerter :

  • Nombreuses sollicitations (mails d’invitation flatteurs, relances...) vous demandant notamment de recommander des pairs, d’en parler à vos collègues... même pour des revues qui ne sont pas proches de votre domaine de recherche.
  • Dans ces revues la grande majorité des articles soumis sont acceptés.
  • Les délais de publications annoncés sont très/trop rapides (il faut « rendre service » aux auteurs) —> la relecture par les pairs est inexistante ou peu fiable et des délais trop courts sont imposés aux relecteurs : de quelques jours à 2 semaines...
  • Le titre de la revue peut être très court ou proche d’un titre connu.
  • Il y a beaucoup (trop) de numéros spéciaux.
  • On constate des imprécisions (site web, adresse, comité, objectifs, frais, proecessus de relecture par les pairs...). Attention des noms de chercheurs reconnus peuvent même être utilisés à leur insu !
  • Attention : le montant élevé ou non des frais n'est pas forcément une indication ! Ces revues peuvent aussi proposer des rabais pour les reviewers etc.
  • Le site web est souvent plus orienté “auteur” que “lecteur”...

    N.B. : la ligne de démarcation peut parfois être difficile à établir entre revues légitimes et revues prédatrices à des degrés divers...